Le projet d’assainissement de North Kattoli, à Chattogram au Bangladesh, donne une image concrète de la complexité des infrastructures d’eau urbaines. Veolia Engineering & Consulting, Suez Consulting et DevConsultants Limited ont été retenus pour la revue de conception et la supervision de la construction d’un programme destiné à étendre l’assainissement à plus de 260 000 habitants.
Le projet associe un tunnel intercepteur, plus de 90 kilomètres de collecteurs, des milliers de branchements et une station d’épuration par boues activées. Son intérêt technique tient autant à chaque ouvrage qu’à leur intégration dans un environnement urbain dense et exposé aux inondations.
Une chaîne complète de collecte et de traitement
D’après la présentation publiée par Veolia Engineering & Consulting le 18 août 2026, le programme comprend un tunnel intercepteur de cinq kilomètres installé à environ dix mètres de profondeur. Le microtunnelage doit limiter les emprises et les impacts sociaux dans les secteurs traversés.
Le réseau prévoit plus de 90 kilomètres de canalisations, du DN 200 au DN 1200, ainsi que plus de 8 100 branchements domestiques. La station d’épuration, fondée sur un procédé conventionnel à boues activées, affichera une capacité de 50 000 m³ par jour.
Ces chiffres traduisent plusieurs métiers, plusieurs temporalités et de nombreuses interfaces : investigations, géotechnique, hydraulique, génie civil, procédés, équipements électromécaniques, instrumentation, contrôle des travaux, essais et préparation de l’exploitation.
La revue de conception sécurise les choix avant le chantier
Une revue de conception ne consiste pas uniquement à vérifier des plans. Elle doit confirmer les hypothèses de débit, les profils hydrauliques, les conditions de fonctionnement, les interfaces entre lots, l’accessibilité pour la maintenance et la compatibilité entre le réseau et la station.
Sur un projet comprenant un tunnel profond et des canalisations de diamètres très variés, les risques de chantier doivent être rapprochés des objectifs d’exploitation. La constructibilité, les méthodes de franchissement, la gestion des venues d’eau, la sécurité et les contraintes urbaines influencent directement le calendrier et les coûts.
Superviser les travaux sans perdre la logique du système
La supervision doit assurer la conformité des ouvrages tout en maintenant une vision d’ensemble. Une modification locale sur une conduite, une côte, un équipement ou une séquence de commande peut avoir des conséquences en aval. La gestion des interfaces et des écarts est donc centrale.
Les équipes ont besoin de spécialistes capables d’examiner les documents d’exécution, de suivre les contrôles qualité, d’instruire les non-conformités et de préparer les essais. Leur efficacité dépend autant de leur expertise technique que de leur capacité à formaliser rapidement les décisions.
Le procédé à boues activées exige une conception exploitable
Une station à boues activées repose sur un équilibre biologique sensible aux charges, à l’oxygénation, aux recirculations et aux conditions hydrauliques. Le dimensionnement doit être complété par une réflexion sur la conduite, la mesure, la maintenance et les situations dégradées.
Les choix d’aération ont notamment un impact majeur sur la consommation énergétique. L’instrumentation, les stratégies de régulation et la fiabilité des capteurs conditionnent la capacité à tenir les performances sans surconsommer. La préparation de l’exploitation doit donc commencer avant la mise en service.
Passer du chantier à une exploitation durable
La réception technique ne suffit pas à garantir la performance dans le temps. Les essais, la montée en charge, la formation des opérateurs, les pièces de rechange, la documentation, les gammes de maintenance et les procédures de conduite forment un ensemble indissociable.
Un projet de cette taille doit également organiser les responsabilités entre exploitant du réseau, exploitant de la station, laboratoire, maintenance et autorité de service. Des indicateurs partagés permettent de suivre les débits, la qualité des rejets, la disponibilité des équipements, les consommations et les incidents.
Les expertises critiques à mobiliser
North Kattoli illustre la complémentarité de profils qui sont parfois recrutés séparément : ingénieurs réseaux et hydraulique, spécialistes microtunnelage, ingénieurs procédés eau, experts génie civil, électromécaniciens, automaticiens, responsables qualité, superviseurs travaux, commissioning managers et responsables d’exploitation.
L’assistance technique permet de mobiliser ces compétences au moment où leur contribution est la plus forte : revue de conception, préparation d’un lot complexe, supervision, essais ou transition vers l’exploitation.
Agileo Experts accompagne les acteurs de l’eau, de l’environnement et de l’industrie dans la recherche et la mobilisation de spécialistes capables de sécuriser ces phases critiques. L’enjeu n’est pas seulement de pourvoir une fonction, mais de disposer de la bonne expertise à l’interface entre conception, réalisation et performance future.
Source principale : Veolia Engineering & Consulting, actualité du 18 août 2026. Photo : Patrick Federi via Unsplash.



